Les livres scolaires annexés par Apple ? Un modèle à refuser absolument !
L’iPad est assurément un formidable outil éducatif. Il suffit de regarder un enfant de 6 ans s’amuser à apprendre à lire ou à compter, sans s’en apercevoir, en jouant. Et, pour les plus grands, une tablette est évidemment un moyen de rendre l’apprentissage plus engageant.
Apple y croit et l’a montré en annonçant aujourd’hui deux outils complémentaires pour créer et lire des livres scolaires. La vidéo de la présentation est disponible ici.
Première annonce, la version 2 d’iBooks, l’application de lecture de livres électroniques. La démonstration était, évidemment, impressionnante : ah que j’aurais aimé avoir de tels livres lorsque j’étais lycéen. Images brillantes, vidéos, modélisation 3D. Je ne sais pas si j’aurais retenu plus d’information, mais j’aurais sûrement trouvé ça plus agréable.
Deuxième annonce, iBooks Author. Comme son nom l’indique, cette application (uniquement pour Mac…tiens on commence à entrevoir le problème) permet de créer ces merveilleux livres si “immersifs”. L’outil est à la hauteur des standards habituels d’Apple : du glisser déposer à foison et l’application se débrouille pour présenter ça joliment.
C’est une fois que l’on arrive à la création du fichier que cela se gâte. iBooks Author ne permet que de créer des livres au format spécifique iBooks. Et que vous ne pourrez vendre que sur l’iBooks Store!

Apple est une fois de plus prise la main de le sac. Il ne s’agit pas de créer des livres scolaires, mais des livres scolaires Apple. Une fois encore, il ne s’agit pas de vendre des livres, mais de vendre des iPad, permettant de lire ces livres. Que l’on me comprenne bien : je n’ai rien contre l’iPad, bien au contraire. Je m’en sers tous les jours avec plaisir.
En revanche, je ne lis pas de livres vendus sur l’iBooks Store tout simplement parce que justement ils ne sont lisibles qu’avec l’application iBooks ! Et si un jour je change de tablette ? Je peux oublier mes livres, ils seront perdus. À mon échelle, ce n’est pas très grave. Il est assez rare que je relise un livre et si j’en avais un jour envie, il me suffirait de racheter le livre. Rien de sérieux donc, quelques euros.
Mais à l’échelle d’un lycée ? D’une université ? Comment un établissement scolaire peut-il investir des sommes importantes dans un système non durable ? Là encore, qu’on me comprenne bien : j’espère que bientôt, aussi vite que possible, tous les étudiants du monde pourront disposer d’une tablette. Mais, vu l’investissement, il est indispensable qu’il puisse durer. Et si, tout à coup, les livres dont à besoin l’établissement ne sont pas disponibles, il devra faire un choix : changer tout son matériel, faire l’impasse ou, pire, utiliser le livre le plus proche possible se ses besoins. Qui devient alors responsable du programme de l’établissement ? Je trouve le jeu bien dangereux.
L’éducation, c’est l’école de l’ouverture au monde et Apple vient une nouvelle fois de faire la preuve du contraire. Si Apple voulait vraiment être sérieuse dans le domaine, ses outils de création d’ebooks ne seraient pas limités au seul iBooks Store. Apple travaillerait au développement d’un standard commun de livres électroniques. Et pourrait toujours faire valoir, souvent à raison, que ses outils, logiciels et matériels, sont supérieurs.